Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 00:17


ÉLÉGANCE ET BIEN-ÊTRE                                                                      

Les bons trucs de Tonton Faro

 

 

 

 

 

   Soit une situation des plus banales : vous êtes vendredi soir. Disons dix-huit heures, dix-huit trente. C’est l’hiver, mais sans la neige. Votre femme joue du sèche-cheveux depuis la salle de bain. Vous, vous suppliez votre reflet du regard, avec cet air désappointé qui a fait rougir bien des demoiselles. Vous n’êtes pas croyant mais, quand même, vous vous dites que le Bon Dieu est un saligaud. Vous suivez ?


Non. Bon. Revenons quelques jours en arrière. Coup de téléphone le mercredi en soirée, votre femme décroche, s’exclame « Ah ! Louiiiiiise, bonjour ! » puis parle et rit (rit beaucoup trop, d’ailleurs), lance l’une ou l’autre phrase inquiétante (« Oh mais bien sûr, avec plaisir ! », « C’est entendu, à vendredi, alors ! »), raccroche et vous achève : chéri, vendredi prochain, nous allons au gala de charité organisé par les Stevens et nous leur devrons un dîner.

 

Voilà, vous savez désormais pourquoi votre femme s’astique les cheveux dans la salle de bain et pourquoi, vous, vous implorez votre reflet. Quand je disais la situation est banale, en fait, j’ai menti, mais j’aime les galas et les petits canapés au pâté d’oie, donc pour moi, bien sûr, cette situation est une simple formalité. Vivez ma vie, elle est cool. Bref. La cause de votre désarroi, dans tout ça, est bien légitime. Vous vous posez une question et ne trouvez pas la réponse. Les philosophes l’ont fait avant vous, à défaut qu’ils finissaient leur vie dans un tonneau. Mais vous, vous lisez les bons trucs de Tonton Faro, votre avenir sera donc mieux huilé.

 

Votre question, cruciale : quel nœud de cravate choisir ?


Dilemme. Déjà, vous avez renoncé au nœud papillon, ce qui est bien. Vous éviterez de passer pour un panier de muffins anglais. Basquet of moufins qu’ils disent là-bas. Et puis, nous ne sommes pas à une tuxedo party mais au gala de charité des Stevens.

 

 

 

1) Le thème de la soirée.

 

Dans le cas d’un gala culturel, en revanche, votre choix devrait se porter sur un nœud double simple, aussi appelé nœud Victoria ou nœud Prince Albert. Il s’agit, cette fois, d’affirmer sa non-médiocrité tout en restant ouvert aux critiques. Ne soyez donc pas trop prétentieux dans vos apparats, mais ne nous vêtissez pas de merde non plus.

Les galas de danse, eux, se satisferont d’un petit nœud ou nœud oriental, en hommage aux petits rats d’opéra. (Mais attention de ne pas emmêler le grand et le petit pan, vous auriez alors une torsade et c’est très désagréable à défaire.)

 

2) Les gens présents à la soirée.

 

C’est un fait, vous ne vous soignerez pas de la même manière si le gala est composé de directeurs de banques ou de beaux-frères au chômage. Tout de suite, leur regard (et, ce, quelle que soit leur couche sociale) va virevolter au niveau de votre pomme d’Adam et, pire, il y aura du jugement dans leur pupille. Alors, que faire ? Deux solutions s’offrent à vous :

 

La première s’impose lors des galas raffinés, les vrais, où un domestique vous introduit à haute voix. Là, pas de doute, vous aurez à faire à des connaisseurs chevronnés ayant lu Le luxe du détail, volume II aux toilettes. Sortez le grand jeu, Messieurs ! On empoigne sa cravate et on libère le nœud Windsor, la Rolls Royce des nœuds de cravate, créé par un homme qui mourut sublimé par son œuvre. On dit aussi un Full Windsor ou un Double Windsor. Avec ce nœud-là, mes enfants, vous pourrez raconter de la merde et encore rester Dieu. Franchement.

 

La seconde s’applique aux galas ratés. Un gala de faux riches, avec beaucoup de déco mais un os de poulet dans votre assiette. En pareil cas, vous ne risquerez certes pas de croiser la Princesse Leopoldine – ça non ! Alors pas la peine de vous mélanger les doigts dans des nœuds compliqués, ces gens-là n’y verront aucune différence. Un demi-Windsor suffira. Ardu mais horriblement banal, il dupera le plus lambda des invités qui, fasciné par tant de complexité, se croira important et méritant. Et comme c’est bien faux, vous pourrez rire sous le bouton de manchette.

 

3) La qualité de la cravate.

 

Ce dernier point, bien que moindre, achèvera de vous porter cachet et crédibilité. Lorsque que vous achetez une cravate, grosse et tombante que même la caissière rougit en la voyant, vous n’êtes pas pour autant tiré d’affaire. Si le tissu est de mauvaise qualité : patatra pour le nœud, hein. Il se défera au cocktail et vous aurez l’air bien fin, tiens, au milieu de votre blague sur les somaliens, avec votre premier bouton soudain mis à nu (vous vous rendez compte ?). Et, étourdi comme vous l’êtes, vous aurez sûrement oublié de prendre les bon trucs de Tonton Faro sur vous. Résultat : vous tentez de réparer l’ennui de mémoire et terminez garrotté dans un nœud comique. Avouez que ce n’est pas très mondain.

 

Afin d’éviter ce genre de catastrophe, je vous révèle une technique secrète : passez votre pouce sur la surface de votre cravate et écoutez chanter les frottements. Au son d’un scritch, la cravate est d’excellente facture et supportera le plus pompeux des Windsors. En revanche, un swurp est annonciateur d’humiliation – laissez cela pour les fêtes scolaires de votre enfant. 

 

Vous êtes désormais fin prêt à aborder la soirée des Stevens en toute confiance. Rassurez-vous, elle s’avèrera parfaitement réussie. Il y aura des cerises dans le champagne et vous retrouverez une ancienne partenaire de brunch.

 

N’oubliez pas, par prudence, de toujours avoir un nœud portable sur vous. Personne n’est l’abri d’une tache de bisque. Et les cravates ne vont pas aux gros.

 

Quelques liens utiles :

 

www.lacravate.net  Bien la nouer, bien la porter. Un guide des plus utiles (et illustré).

 

www.lescravates.com Ou la première boutique de cravates en ligne.

 

www.noeud-de-cravate.com Pour les informations supplémentaires.

 

Par Faro - Publié dans : Octobre 2009
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