L'édito.

J’ai toujours aimé écrire des éditos. D’abord parce que je parle de ce que j’ai envie dedans, et parce que c’est la classe. Je sais pas, je trouve que ça fait bien de se dire «  ouais, j’écris des éditos des fois », ça donne envie de porter des lunettes un peu vieillottes et une cravate marron avec un nœud Windsor sur une chemise grise et avec un manteau à boutons croisés et col mao en mangeant un sandwich Poulet/Beurre/Sauce Samurai/Parmesan (ne mettez pas le beurre et la sauce samurai sur le même côté et le parmesan sur la sauce samurai, le pain doit être toasté avant) en écoutant Elliot Smith dans une rue vide et brumeuse, vers 6 heure du matin à Cardiff, en compagnie d’une rousse.

Ha. Les rousses. Ça me rappelle une chose (et là, je vais faire comme les comiques quand ils vont à la télé, je vais copier coller un bout de mon travail et personne ne va le remarquer parce que personne n’a vu le spectacle du dit comique, sauf la chroniqueuse sexy parce qu’elle n’est pas que sexy, la coquine).

En sortant du travail, souvent, alors que le vent froid me grise le visage, je rencontre la fille la plus belle du monde. C’est plutôt régulier. Elle me fait sourire, en plissant légèrement les yeux, un peu embués par l’apparition. Ce n’est jamais la même, la fille la plus belle du monde.

Elle est souvent blonde. Quand j’y pense, j’ai un peu honte de moi. La joie sincère d’un sourire radieux m’emporte souvent, ce fond de naïveté qui arrive à entourer totalement une fille blonde, ça me fait pleurer. Bien sûr, elles ne sont jamais vulgaires, je suis quelqu’un de difficile. Mais tout de même, cette proportion, parfois, m’inquiète quant à mes goûts. Et puis, je me souviens des autres. Quand elle est brune, elle emporte mes idées dans un léger tourbillon d’euphorie. Quelque chose de plus, une saveur plus sophistiquée, au-dessus du regard admiratif, il y a souvent des frissons quand dans l’encadrement d’une porte j’aperçois le nuage délicat d’une brune pressée, l’écharpe abritant son visage décidé et courtois.

Enfin, il y a les rousses. Je me demande parfois si elles existent, tant leurs visions sont fugaces. Une comète blanche aux reflets rouillés, de cette oxydation sublime qui enrobe les plus belles œuvres, rehaussant leur éclat en ponctuant d’orangé leur métal délicat. Une simple joue mouchetée de taches fines et il m’arrive de m’évanouir. Mais elles sont rares, ces filles pâles qui peuvent me hanter des nuits durant. Je doute de leur passage, je me ronge les expectorations quand la seconde magique qui les voit naître dans mon iris se termine, le reste du temps est angoissant, et puis une autre apparaît, et pendant un instant je souffre de la joie sans limite qui me transperce les yeux.

Je ne sais pas forcément pourquoi je suis amoureux des rousses. C’est sans doute parce que j’ai bon goût. En parlant de ça, l’E-zine du forum Jeunes Ecrivains est revenu, après cet édito qui ne sert à rien vous aurez des tas de choses à lire, prenez notre production comme un magazine généraliste destiné aux littéraires en général, mais pas que, il est écrit par ce genre de personne, la jeune fille un peu renfermée qui porte trop de vêtements et qui s’ennuie au lycée, lit Sade en cours ; le vieux barbu qui fume la pipe et boit du lait le matin en apprenant par cœur Valery ; la prof de Physique Chimie qui tous les jours regrette son choix en pleurant avec Kerouac ou le cadre dynamique à tête de con énervant qui cache une passion pour Joyce, ce qui le rend sympathique malgré sa chemise violette et sa cravate à rayures diagonales, violette aussi probablement. Ca ne parle pas que de littérature, pas tellement même, mais lire un article sur le merveilleux District 9 écrit par un fan de Proust, ça fera super bien sur votre cheminée mentale.

 

Bisettes.

 

 Ma'

Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 14:41
Le Forum des Jeunes Ecrivains: jeunesecrivains.superforum.fr/portal.htm
Florian Houdart, romancier: black-out-no-life.blogspot.com/2008/07/pourquoi-je-fais.html
Thierry, romancier: http://jarwal.e-monsite.com/
link
 Marc Lefrançois
Honcho: blog littéraire de Nox!
Le blog de Menear
Le Gros Fonzy'ne de Grandjoe
 Le roman de K.Logre
Lumigloo: la poésie de Lumi
Eva Li: http://www.myspace.com/evali1
Onicosmo: http://onicosmo.canalblog.com
Vanessa du Frat: http://www.lesenfantsdelo.com
Par elgrandejoe - Publié dans : Archives
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /Nov /2008 14:51
Les gagnants du concours de poésie numéro 10 du Forum des Jeunes Ecrivains se voient offrir un prix très spécial: les trois lauréats du podium, XIII, Nox et Menear, ont la joie de pouvoir entendre l'interprétation de leurs poésie par Eva-Li, artiste slammeuse.
Félicitations à tous et un merci spécial à Eva-Li pour la qualité de son travail (et sa rapidité :))

Les poèmes en téléchargements
http://rcpt.yousendit.com/623283345/511097a4ab633809d37daa7c87385e9c


Les poèmes en streaming sur Deezer
http://www.deezer.com/#music/playlist/14643719/1542149
Par elgrandejoe - Publié dans : Archives
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 18:04

  L’œil un peu gras dans le coin, d’avoir pleurer toute la nuit (qui dure 3 mois chez mon espèce), je tapote sur ce superbe clavier fraîchement reçu, ça ne fait pas beaucoup de bruit (je suis passé de la cavalcade de plastique aux veloutés de la mousseline avec ce nouveau transfo à phrases ampoulées). J’ai pleuré parce que j’étais parti, et puis, je suis revenu.
  L’édition est, pour nous, jeunes écrivains, un espace étrange, une sorte de grosse mare un peu noire, avec des nénuphars au dessus, mais avec au fond les racines de ces derniers, des trucs dans lequel on s’emmêle et on se noie (saletés de nénuphars). Mais bon, y a de jolies petites boites qui aiment les trucs beaux, elles se sentent un peu tristes entre les mammouths du marché, mais elles existent et elles nous font plaisir.
  Si on se place du coté d’un lecteur (parce qu’à la base, nous le sommes tous ici, à peu près), c’est pas très grave, le fait que Musso ou Sarko soit des best-sellers, on a qu’à chercher un peu et on trouvera toujours de belles choses, ne serait-ce que chez les morts.
  Mais quand on est jeune, qu’on écrit un truc un peu obscur, mais vachement bien, on est dépité quand on voit à la télé Werber qui nous explique qu’il a eu l’idée de son nouveau livre en mangeant des chocapic. On a envie, nous, de dire qu’on a eu une étincelle entre la lecture de L’Etranger et une analyse de Valery. Alors on pleure un peu, on grogne pas mal, on se dit que bon, c’est pas juste, que moi aussi je voudrais être riche, que je suis bien plus original qu’environ tout le monde, mais aussi, on se dit après, que Proust il a commencé en compte d’auteur, Wilde il a été en prison, et Lovecraft il est mort pauvre, ayant publié uniquement dans des fanzines plus ou moins prestigieux, mais des fanzines. Alors on se dit qu’un jour, nous aussi on sera peut être immortel, et tant pis si tata elle a pas compris.

Par elgrandejoe - Publié dans : Archives
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 10:20

Sommaire:
1/ les Peoples
2/ le xyloglotte
3/ les Hangars de Dunkerque
4/ the Dandy Warhols
5/ Nemausos, zarb métal
6/ Crash test, jeux vidéos

LES PEOPLES:


Accident dans le tram bordelais, par Nox:
Il était 5h36 hier matin lorsque l'accident est survenu le long de la Gironde.
"C'était vraiment pas beau à voir", nous confie Robert JeanJean, du 4ème détachement de Bègles, dépéché sur les lieux.
"On a cru qu'on pourrait pas les récupérer".
A 5h27, un individu louche est entré dans le tram, place de la Victoire, avec les premiers travailleurs du matin et a crié en coréen "Donnez-moi ma baignore où je fais un attentat odorant !"
Gilberte, 73 ans, encore choquée, raconte :
"J'étais partie faire le marché, comme tous les matins avec le premier omnibus quand cet individu est entré, c'était le diiaaaableee ! Il avait les cheveux longs et une guitare démoniaque, alors j'ai sorti ma gousse d'ail et mon crucifix".
Gilberte était loin de se douter que l'individu en question se jetterait sur la gousse, manquant d'avaler sa main entière puis se brancherait son instrument.
Kevin raconte :
"Ce type était fou ! Mais bon sang, il touchait niveau gratte, il nous a sorti des plans que même Bill de Tokio hotel n'aurait pu inventé."
5h32, les effets de l'ail commencent à se faire sentir dans toute la rame, alors que l'indvidu, dont on apprendra plus tard qu'il se nomme énigmatiquement Gras, chante à tue-tête :
"Les allemandes en shorty, c'est comme une bonne tourte à l'ail, v'nez-la la les blondinettes, que je vous montre ma paille". La rame entière est plongée dans une odeur d'ail infernale.
Jean-Jacques est commerçant prêt de la place de la bourse, il raconte :
"J'ouvrais mes volets quand j'ai vu la fumée verte qui s'échappait du tram arrêté en pleine voie juste devant mon bar-tabac. Les gens essayaient de sortir et de trouver de l'air, tapaient contre les carreaux, se tenaient la gorge à deux mains, ils étaient en train de tous crever sous mes yeux, si je ne faisais rien, c'était une bombe à retardement qui allait raser la ville, j'ai appelé la police et je suis descendu à la cave, qui me sert d'abri anti-nucléaire".
Finalement la police a pu maîtrisé le forcené grâce à trois régiments de CRS, masque à gaz vissé sur le visage, et deux hélicoptères qui ont tracté la rame vers une décharge hermétique un peu plus loin.
Le comissaire Moinsss conclut :
"Nous avons mis le forcené en cellule d'isolement hermétique, il a demandé une baignoire pour composer. Personne ne voulait l'énerver, parce qu'on a vu le bordel qu'il était capable de mettre rien qu'en respirant alors il compose, mais la cellule est aussi insonorisée. Désormais, il aura en permanence un émetteur GPS électro-sensible qui lui enverra des décharges dès qu'il sera mis en contact avec de l'ail. Soyez rassurés, Bordeaux est de nouveau calme."
Tout le monde est sain et sauf et s'en tire avec une bonne frayeur. Une cellule psychologique a été mise en place. Le guitariste à l'ail est hors d'état de nuire...
Mais pour combien de temps ?





 


Par Sel:
Il erre sur le forum ...

Vous Le connaissez ?

Non.
Vous croyez Le connaître ...


http://img101.imageshack.us/img101/2162/cowboybw1.jpg

Il a eu des femmes, il les a trompées.
Pour qui ?
Non ... pour quoi ?

http://img353.imageshack.us/img353/8593/cowby3mk2.png



Un communiqué de Nuée, elle en a gros sur la patate, envoyez-lui de l'amour:

A dire vrai, ce n’était pas dans ces traits de caractère. Elle eut la chance dans son infortune littéraire suite à une léthargie incontrôlée, de se trouver un moyen de qualité, de réveil inespéré…
Puisque décidément elle n’était pas française, elle n’en rêva pas pourtant, juste elle aima cette langue. Elle fut Tzigane au début, elle servit presque d’amuse gueule, elle devint le vilain chantre désolé d’une garnison bien renforcée. Toute incomprise et menue qu’elle était ; elle lui avait reproché avec une véhémence démesurée tous les torts qu’ils avaient accumulés envers elle depuis le début.
Elle eut sans doute tort de ne pas être elle, juste elle, elle aurait pu éviter toute cette indolence quasi générale. Ces postes ne furent qu’emphase pour certains, ou argument d’attaque pour d’autres.
Elle a beau faire figure d’une douceur sans faiblesse, d’un dévouement sans comédie. Son portrait introductif prime souvent.
Elle n’en veut à personne, elle comprend que c’est surtout des agissements résultant d’une différence culturelle et générationnelle.

Nuée.


<a target='_blank' title='ImageShack - Image And Video Hosting' href='http://imageshack.us/'><img src='http://img73.imageshack.us/img73/3070/lespeopleal2.jpg' border='0'/></a><br/><a href="http://g.imageshack.us/img73/lespeopleal2.jpg/1/"><img src="http://img73.imageshack.us/img73/lespeopleal2.jpg/1/w677.png" border="0"></a>


LE XYLOGLOTTE, par Petit Tiret


La langue de bois :


Il y a celle que tout le monde connait, qui consiste à dire le moins de choses possibles avec le plus de
mots, ce langage que parle monsieur tout le monde, bref l’inutile, l’horripilante, la langue de bois qui
vous met plein d’échardes dans la bouche.
Mais, heureusement, un beau jour débarqua Claire Delavallée, avec son cortège de loufoques géniaux
et déraisonnables, et la nouvelle langue de bois naquit... On la baptisa xyloglotte, on la mit sur un site
internet et on la laissa grandir et s’épanouir. Aujourd’hui, le dictionnaire xyloglotte compte plusieurs
centaines de mots, et vous, oui, je dis bien vous, tout le monde, maintenant, tout de suite, pouvez
enrichir le vocabulaire xyloglotte en proposant des mots de votre invention.
Laissez-moi seulement vous expliquer rapidement les grandes lignes de ce concept hilarothanatogène...
«Le xyloglotte (en grec : langue de bois) est une langue nouvelle reposant sur le concept incontournable du
complexificationnage. L’idée maîtresse s’exprime et se comprend aisément : pourquoi, comme le disait autrefois
mon prof de math, se compliquer la vie à faire simple alors qu’il est si simple de faire compliqué ? Alors s’il existe
des mots et des expressions compréhensibles par le commun des mortels, quoi de plus distrayant que de les rendre
abscons ? Vous en avez rêvé, je l’ai fait.» dixit la créatrice.
Concrètement, il s’agit de traduire des expressions françaises dans un grec ou un latin de cuisine. Des
exemples ? Ne dîtes plus «tiré par les cheveux», dîtes capillotracté ; si quelque chose est facile, alors parlez
«inthalassopotable» ; surnommez l’idiot tabulopodosophe et l’emmerdeur orchidoclaste -c’est bien plus
élégant.
Pour ceux d’entre vous, littérateux lecteurs, qui voulez faire une monoculoprojection sur le site officiel,
visitez donc le site en bas de la page, je vous promet un trésor d’inventivité et un moment de pur
gourmandise !
Et pour ceux d’entre vous, également, à qui tout ça ne parle pas malgré mes talents déployés d'explicatrice, un passage sur
le site, avec un bon dico à portée de main, pourrait bien éclaircir votre lanterne. De toute façon, comme le
précise Claire Delavallée, «C’est normal. C’est quand on commence à comprendre qu’il faut s’inquiéter pour
sa santé mentale.»
Visitez ce site pour savourer le xyloglotte : http://www.cledut.net/xylo.htm
Parlez comme un énarque grâce à présidentielle 2007 : http://www.presidentielle-2007.net/generateur-
de-langue-de-bois.php
Et si vous voulez vous aussi pratiquer la langue de bois... http://gaf.free.fr/html/article543.html


--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



The Dandy Warhols, par le Cinglé

Mon Impression


Quelque chose qui sonne psychédélique? Andy Warhol? Rien qu'à l'énonciation du groupe on sent déjà un océan de couleurs et de formes qui approche. Et c'est effectivement ce qu'impose The Dandy Warhols à la première écoute. Ca remue, un peu, ça secoue, un peu. On a surtout envie de fermer les yeux, de se laisser porter par ces vagues d'accords qui nous poussent toujours un peu plus loin. On reste là, un peu paumé entre réalité et imaginaire avec l'impression bizarre d'être heureux, en apesanteur. C'est calme et lisse. Ca glisse, ça coule doucement sans troublé l'ordre des choses. On se rend compte que le psychédélique n'est pas antinomique du doux. Et pourtant, d'un coup le son peut se faire un peu plus agressif sans pour autant vous déséquilibrer, vous sortir du monde dans lequel vous flottiez si gentiment. Simplement le courant est plus puissant, vous ressentez un peu le roulis et vous vous retrouvez tantôt la tête en haut, tantôt en bas. Lent, doux, marqué, puissant... Il existe une quantité incommensurable d'adjectif pouvant s'appliquer à la musique des Dandy Warhols et aucun ne suffit en lui même à les décrire.

Le Groupe

The Dandy Warhols c'est avant tout quatre américains de l'Oregon. Quatre personnages qui ont pour lien une passion pour la musique et, bien évidemment, pour Andy Warhol. Courtney Taylor-Taylor au chant nous enchante de sa voix tantôt grave tantôt pincé comme celle d'un vieux Red Neck. Zia McCabe à la voix et à la guitare l'accompagne parfois pour une petite ballade au pays des songes, une sorte d'Alice dans ce groupe excentrique. Peter Holmstron nous gratifie quand à lui d'un arpège soigné, souvent en fond musical alors que Brent De Boer impose un rythme tantôt calme tantôt soutenu aux musiques variées de nos quatre Dandy. Si l'on veut se mettre à parler chiffres et dates sachez que The Dandy Warhols a été fondé en 1993 à Portland dans l'Oregon (USA pour ceux qui douteraient). Leur discographie actuelle est sept albums sortis entre 1995 et 2008. Le dernier en date, Earth To The Dandy Warhols, se décalent un peu de ces prédécesseurs mais reste néanmoins tout aussi agréable.

Les Liens Utiles

Comme la majorité des groupes actuels, The Dandy Warhols est très présent sur internet voici quelques liens afin d'écouter, de découvrir ou d'en apprendre plus sur le groupe.
http://www.deezer.com/#music/artist/890 <- Albums Deezer
http://www.dandywarhols.com/ <-Site Officiel
http://www.myspace.com/thedandywarhols <-MySpace




-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------




Némausos, "Zarb métal teinté de death ou de black, voir de thrash, avec des passages presque jazzy mais nocifs, dissonants."

1/ Présentation de ton groupe et de tes antécédents judiciaires:
 
  Némausos est un groupe formé autour de trois humains. Je joue de la basse dedans, et j'essaie de me mettre au chant puisque bah, y'a personne pour s'y coller.
Pour les antécédants judiciaires, rien à signaler de manière officielle. Pas vu, pas prit.

2/ Combien de concerts à votre actif et apportez-vous une importance particulière aux conditions d'organisation? 

  Juste deux concerts. Nous sommes un tantinet casanier, et nous avons mit du temps à choper notre set. Puis vu le style, les lieux appropriés pour jouer sont plutôt rare.

  Les conditions d'organisation sont importantes, ouep', mais comme on a surtout pour but de tourner un max', même les coins les plus pourris ne nous font pas fuir. On est très égoïste : on aime jouer, alors on joue partout, tant pis si le patron du bar est un con qui nous dit à peine bonjour. Après, on en est pas encore là et on y sera p'têtre jamais, mais faire des concerts à 30€ l'entrée en prenant un cachet digne d'un footballeur professionnel, c'est clair que ça sera pas vraiment notre truc. Disons que ça nous emmerderait d'empêcher les gens pas forcément bien riches de venir nous voir.

  Et dans un raisonnement plus poussé, il est aussi clair que l'art doit être un échange : on offre notre musique, en elle-même elle n'a pas grand chose de particulier, aucune existence propre, du vent. C'est le public qui vient vers la musique, s'y intéresse, cherche à coller sur nos bruits ses émotions. On n'a pas spécialement besoin de lui, nous on s'éclate tous seuls. Mais s'il décide de venir, alors on veut échanger, pas vendre. Ca serait vraiment classe si dans toutes les formes d'art tout le monde tendait vers la gratuité, avec juste de quoi rentrer dans ses frais. Ca créerait tout un univers parallèle au monde du travail où n'importe quel ouvrier peut venir voir une expo' de tableau, faire des statues en bois, ou de l'art moderne en pendant ses slips tachés sur une devanture de macdo'. Globalement la professionnalisation de l'art l'éloigne de sa fonction première, qui est selon moi une alternative viable à la logique pure. (et quand on commence à avoir besoin de l'art pour vivre matériellement, sans être capable de s'en passer en tant que source de revenues, là ça craint. C'est plus de l'art. C'est un job' )

3/ Ce qui nous amène au DIY, des groupes comme CRASS ou Oi! Polloi font toujours la tournée des squats lorsque les pré-ados ne rêvent de musique sauvage que pour le statut de rock star qu'il pourrait leur apporter. Qu'en penser?

  En même temps les squats sont bien idéalisés. Des fois, ce qu'on pourrait prendre comme une putain de bonne idée alternative, avec plein de bons sentiments, ben c'est un repère à junkies qui, au point d'ébriété où ils arrivent à, pogoteraient sur du BB Brunes pour peu que ceux-ci correspondent à leur code vestimentaire.
C'est pas toujours comme ça, et l'idée du squat comme lieu de concert est excellente la plupart du temps. Après, c'est souvent des lieux qui mettent la démarche au dessus de la musique. Jouer dans un squat, c'est jouer dans des conditions acoustiques assez déplorables, en générale. Ca devient plus un acte éthique qu'artistique. Même si l'un n'empêche pas l'autre, et que, définitevement, les squats me plaisent.

4/ Tes influences vont du métal au punk en passant par B.B.King ou Brel. Cet écclectisme se ressent-il dans votre musique?

  Un peu, peut-être. J'en sais rien. Disons que y'a des styles complètement opposés. T'as beau aimer la peinture, si tu écris un roman l'influence de Salvador Dali sera plutôt limité, difficile à trouver. Trouver du B.B. King dans du métal, c'est chercher la petit bête. Y'aura bien une certaine patte, et puis bon, tout le "rock" vient du blues, mais je veux dire, c'est chercher la petit bête. On cherche pas à produire le même effet. On utilise donc pas les mêmes outils.
  En fait, on cherche pas à se créer un catalogue d'influences dont on piquerait telle ou telle idée. On y va au pif, et tout se fait inconsciemment dans le jeu d'influences qu'on ne manque pas de subir.

  Et on est deux à composer. Le compositeur principal c'est Cyril, le gratteux. Ensuite, moi je retouche, ajoute des riffs. Enfin, le batteur pose ses rythmes, et on re-forge le tout pour que tout aille. Sur un riff initialement proche d'un Behemot, je passe un plan typique de Primus, et le batteur finit par mettre de la samba dessus. J'exagère, mais au fond, c'est ça.

5/ Ecrire un texte à mettre en musique est un exercice difficile, comment vous y prenez-vous? Quels sont les thèmes que vous abordez?

  On s'y prend mal. Le chant est notre pincipal soucis, parce qu'on a pas de chanteur, et que gérer chant et instru, c'est pas évident pour nous (moi, puisque je suis celui qui cherche le plus à passer ça).
On a encore aucun texte et mélodie d'arrêté. Je cherche néanmoins une forme de poésie, de musicalité interne au texte (rymthmes, renvoi de sonorités, tout ça). Pas de messages clairement exposés, sinon par un jeu d'alégories, ou d'aphorismes.
  Le processus est en général un mouvement de va et vient. Soit j'ai une mélodie, j'écris un truc qui peut porter cette mélodie. Soit j'écris et je cherche une mélodie. Après, j'améliore le texte, et retouche la mélodie. Ou je retouche la mélodie donc je change le texte. Je passe du texte à la mélodie et ainsi de suite, l'un dépendant de l'autre. Jusqu'à avoir un truc qui me plait. Mais je trouve pas encore de trucs qui me plaisent vraiment. Parce qu'en plus de ça, ma voix en tant qu'instrument est à chier, tessiture réduite, voix nazillarde...

6/ Certains groupes mettent leur zique en téléchargement libre sur le net, une idée à suivre?

  Non. Télécharger un morceau et l'écouter à la va-vite, comme un yaourt virtuel, c'est bof'. C'est la même idée qui m'amène à critiquer myspace. Un groupe c'est pas un fichier sonore. C'est des gens sur scène, c'est un album avec des dessins dedans. Après, faut aussi être honnête : faut bien commencer par quelque chose, et filer sa musique empêche pas l'auditeur de s'intéresser si la musique plait. Sauf que la façon dont on va vers la musique conditionne la façon dont on la reçoit. Un type qui télécharge 117 albums pendant qu'il pionce, va les écouter à la va-vite, d'une oreille distraite, sans effort.

  Y'a un juste milieu. Filer quelques morceaux, et réussir à amener le public à s'intéresser vraiment à l'oeuvre. Mieux vaut trois types qui écoutent tout l'album en cherchant à comprendre et apprécier que dix milles geeks qui cliquent en perdant ensuite l'album dans l'impressionante masse d'octets qui trainent sur leurs six ou sept disques durs externes.

7/ Pour accéder à la célébrité, il vous faudra mourrir jeunes. Travaillez-vous dans cette direction?

  Ouais, parceque comme me l'a bien fait comprendre un viellard sur un forum, un certain Joe, l'âge c'est mental. A 70 ans, je serai mort ou plein d'énergie, à faire des blagues débiles et à chercher à comprende le monde tout en sachant que je perds mon temps. On se drogue peu, on vivra p'tetre vieux, mais on restera jeunes et cons. (désolé pour la réfèrence pitoyable à Saez. Vraiment.)

8/ Le groupe qui définit: a/votre attitude sur scène. b/ votre attitude dans la vie. c/ votre altitude en Auvergne.

  a/ Ca dépend des gens du groupe. Moi, je dirais Guérilla Poubelle parce que c'est eux qui ont donné envie à l'ado que j'étais de sauter partout avec une gratte sur les genoux. Faudrait voir avec les autres.

  b/ Dans la vie, euh... ça dépend des moments de la vie. Chaud comme question. Je zappe.

  c/ Altitude : Charly Brown (R.I.P)

9/ Les projets de concerts à venir, les directions que prendra votre zique dans les mois à venir?

  Sur le site y'a les concerts à venir. On va chercher à rendre notre musique à peine moins barrée et de rajouter du chant avec de jolis textes qui seront méchamment hurlés ou growlés.
Et puis on va p'têtre faire un décor pour les lives.

10/ Définis le genre musical de votre groupe façon magazine de métal. Il doit y avoir au minimum sept adjectifs.

  Je lis peu de magazine de métal. Alors... Euh... Disons :

"Métal perturbant teinté de death ou de black, voir de thrash, avec des passages presque jazzy mais nocifs, dissonants."

  http://img143.imageshack.us/my.php?image=ecrivainsmusiquecs8.jpg

 

www.nemausos.blogspot.com

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

CRASH TEST JEUX VIDEOS, par Le Cinglé

Salut à toutes et à tous dans ce premier article consacré aux jeux-vidéos. Je t'entends déjà chuchoter au creux de l'oreille attentive de ta camarade de jeux nocturnes: "Quel peut-être le rapport entre un E-Zine de Jeunes Ecrivains et les Jeux Vidéos?". Et bien, au cas où cela t'aurais échapper cher lecteur, il y a dans le jeux-vidéos une trame narrative, un scénario. Ca se rapprocher grandement de l'écriture non? Toujours pas convaincu? Tu reconnaitras que dans les jeux-vidéos, admirable et attentif spectateur, il y a un côté créatif et imaginaire qui peut, là encore, se rapprocher de l'écrivain encore plus que de l'écriture. Sus aux bonimenteurs et autres lance-sornettes de bas étage: la création est accessible à tous! Ne venez pas me dire le contraire.Et oui, c'est ce que je me propose de te montrer, agréable observateur, au travers d'un article.
Enfin, je vous proposerais un petit instant de nostalgie en replongeant dans l'univers déjanté d'un jeux-vidéos d'antan.

Créer un jeux vidéo? Oui mais comment?

A cette question, deux réponses existent. Nous aborderons la première dans ce numéro un de l'E-Zine, je vous réserve le prochain aspect pour le numéro suivant.

Modding or not modding?...

Qu'est ce que le modding? Qu'est ce que c'est que ce mot bizarre à l'accent francanglophone si poussé? Aha ! Et bien le modding n'est autre que l'acte de "modifier" un jeux-vidéos déjà existant, de le refondre en un nouveau jeu. Aujourd'hui, le terme c'est quelque peu élargis et on parle de mod pour tout jeux basé sur un seul et même moteur.
Le modding, puisqu'il s'agit de lui, s'adresse autant aux professionnels qu'aux novices. En d'autres termes, il est accessible à tous si ce n'est que le créateur doit avant tout avoir certains moyens pour le réaliser.
Quels moyens?
Et bien, au fond c'est assez simple. Comme vous vous en doutez, un jeu-vidéo est un programme, il est donc basé sur un code. C'est là qu'intervient la première embûche au développement. Ce code est souvent spécifique du jeu, de ce fait on trouve un code différent pour le Source Engine (Half-Life 2, Team-Fortress 2, Counter Strike Source....) et pour l'Unreal Engine 3 (Unreal Tournament III, Bioshock, Gears Of War...). Il faut donc, comme pré-requis au modding, connaitre un minimum le code du jeu que l'on veut utiliser ou modifier. En bref, sans connaissance en code vous vous contenterez de faire du mapping.
Le mapping?
Encore un mot anglais? Certes, mais en bon anglophone que vous êtes vous avez immédiatement reconnu la racine "map" et votre esprit, quoique tortueux, a réussis à l'associer au mot "carte". Parfait, alors vous avez tout compris. Le mapping est l'acte qui consiste en la création d'une map ou carte pour un jeu-vidéo. C'est là la deuxième nécessité pour le modding. En effet, les jeux qui permettent la création fournissent en général un logiciel permettant la création de cartes de toute pièces. Là, peut de pré-requis en dehors de la connaissance de l'outil. En effet, ces logiciels étant fournis avec le jeu d'origine, ils vous offrent déjà toutes les textures et models de celui-ci. A dire que le mapping est aussi un moyen très intéressant de créer sans avoir la moindre connaissance en code. Et oui, créer des maps pour un jeu-vidéo déjà existant reste un plaisir et ne nécessite que le logiciel de mapping. C'est déjà un petit pas vers la création que nous venons de faire là mais je viens de vous parlez de deux autres aspects du modding et sachez qu'il en reste trois.
Deux autres aspects?
Oui, deux autres aspects que nous allons lier pour plus de commodité. A savoir le modeling et le texturing aussi appelés 3D- et 2D-design. Ces deux actes servent en général dans le mapping dès lors qu'on veut quitter les limites imposés par le jeu d'origine. En effet, le modeling va vous permettre de créer des objets 3D indépendants: objets, personnages, portes... La plupart de ces objets sont rarement voire ne sont jamais mappé puisqu'ils sont trop complexes dans leur architectures. En les créants on se rapproche déjà d'un aspect du modding dont je ne vous ai pas encore parlé: la Total Conversion. J'aborderais ce sujet un peu plus tard dans l'article. Donc vous avez créer un objet 3D, absolument superbe mais complètement gris ou blanc. Oui, créer un model est une excellente chose mais tant qu'il n'est pas texturé il ne ressemble qu'à une masse uniformément grise. Dérangeant n'est ce pas? Alors passons dès à présent au 2D-design. Le 2D-design correspond à la création des textures qui vont recouvrir l'entièreté des models et maps de votre jeu, du ciel aux personnages. Je ne m'étendrais pas sur le sujet. Sachez simplement que cette tâche varie énormément selon l'objet qui doit être texturé et qu'elle est laborieuse à l'extrême. Les logiciels pour ces deux aspects du modding sont généralements disponibles sous la forme payante autant que gratuite et demandent une bonne maîtrise. On citera parmis eux 3DS-Max et XSI pour la 3D ainsi que Photoshop pour les textures.
Je vous ai parlé d'un troisième aspect non? Imaginez votre mod maintenant. Il est magnifique graphiquement et offre des points de vue d'une grande beauté sur l'étendue de votre création mais, parce qu'il y a un mais, votre mod vous semble vide. Evidemment, puisqu'il n'y a pas de son ! Oui, l'un des aspects les plus importants dans l'ambiance d'un jeu sont les sons et la bande originale. Encore une fois je ne m'étendrais pas sur le sujet, il existe des centaines d'outils et de ressources qui vous aideront à créer vos propres sons et musiques, ce qui ajoutera à votre jeu cette petite touche personnelle.

Voilà, vous avez maintenant idée de ce qu'il faut pour réaliser un jeu-vidéo dans votre coin, du moins un mod. Et oui, il existe encore un autre moyen, sans doute plus facile pour certains, que nous aborderons dans le prochain numéro. En attendant ce prochain numéro j'ai tenté de réaliser, pour vous, un test d'un mod sortis il y a peu pour Unreal Tournament III. Il s'agit d'une total conversion, c'est à dire qu'il ne subistent plus rien du jeu d'origine. Si vous possédez Unreal Tournament III, The Haunted est téléchargeable gratuitement sur Mod DB et vous pourrez toujours me contacter pour une petite partie. Je vous laisse vous mettre à table sur cette première vidéo.

(vidéo à afficher: http://www.dailymotion.com/Le_Cingle/video/x79ky0_the-haunted-le-test_videogames)

Nostalgie?

Ce mois-ci, je vous propose de redécouvrir un jeu de stratégie qui a marqué nos jeunes années. Il s'agit de Dungeon Keeper premier du nom. Dungeon Keeper est un peu le premier portage de jeu de rôle sur Pc. Dans cette petite merveille, vous incarnez un maître de donjon menant son royaume à la victoire au sein de sombres catacombes. Votre but est simple, devenir le maître démoniaque d'un monde féérique. Mais, comme à tout maître démoniaque, la féérie ne vous plait pas vraiment alors tant pis, vous détruirez ce monde et vous deviendrez le maître de ruines fumantes, c'est déjà un tableau bien plus sympathique n'est ce pas? C'était sans compter les héros envoyez pour vous arrêter et ces infâmes maîtres inférieurs qui tentent eux aussi de dominer ce monde.

(vidéo à afficher : http://www.dailymotion.com/relevance/search/dungeon%2Bkeeper/video/x4czdz_dungeon-keeper-intro_videogames)

Au niveau du jeu lui même, il s'agit en fait de créer votre donjon et de détruire l'ennemi, jusqu'ici rien de compliquer, néanmoins vous vous rendrez vite compte que vous n'avez pour créatures qu'un petit Lutin au début de votre quête et ce Lutin ne sait rien faire d'autre que de creuser ! Ah, il n'est pas inutile alors. Il vous suffira de commencer à creuser des couloirs, des pièces de toutes sortes afin de construire le donjon le plus puissant qui soit. Première chose à faire, atteindre l'or. Car sans or comment prétendre tenir un donjon? Une fois l'or atteinte, il vous faudra une armée pour la protéger et un lieu pour l'entreposer, atteindre donc les portes abyssales qui invoqueront les monstres dont vous avez besoin et construire une salle au trésor. Seulement, vos créatures sont souvent bougonnes, elles n'ont nul lieu où dormir. Vous voilà donc obliger de creuser une superbe salle dans laquelle vous installez un dortoir. Mais dormir ne leur suffit pas, elles ont faim aussi ces pauvres bêtes. Creusez donc une nouvelle pièce afin d'y installer un poulailler. Et ainsi de suite vous allez devoir créer des salles de tortures, prisons, salles d'entraînements, bibliothèques, lieu de culte, armurerie. Et quand retenti le signal d'alarme vous avertissant de l'arrivée imminente d'un héros, tenez vous prêt à le combattre. Le meilleur moyen étant encore de choisir le lieu où vous voulez l'affronter, prenez toujours soin de fortifier vos murs afin qu'il ne puisse pénétrer dans votre donjon et n'hésitez pas à entraîner vos créatures à l'extrême afin qu'une seule d'entre elle soit capable de tenir tête au plus formidable des héros !
Dungeon Keeper est sans doute l'un des jeux les plus complets et les plus drôle que l'on puisse trouver. Construit sur une architecture en 2D-isomètrique (simulation de 3D), l'univers est attirant et le jeu facile à prendre en main. Un seul conseil, n'hésitez pas à jouer avec vos amis en réseau, une partie peut certes prendre du temps mais elle sera toujours moins longue qu'un Donjon & Dragon et tout aussi sympathique.
Dungeon Keeper est téléchargeable gratuitement et légalement sur les sites d'abandonware avec son extension. Nottament ici: http://www.abandonware-france.org/ltf_abandon/ltf_jeu.php?id=964&fic=liens
Bon jeu à toutes et à tous et au mois prochain pour de nouvelles aventures plus ou moins vidéo-ludique ! <a target='_blank' title='ImageShack - Image And Video Hosting' href='http://imageshack.us/'><img src='http://img229.imageshack.us/img229/9747/informatiqueyd6.jpg' border='0'/></a><br/><a href=

http://img229.imageshack.us/my.php?image=informatiqueyd6.jpg


Par elgrandejoe - Publié dans : Archives
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 09:58

EDITO NUMERO UNO


  La sueur coule dans mes yeux pendant que je vous écrit ces quelques mots depuis les dessous douteux de mon bureau. Le clavier sur les genoux, une chaise et des cartons comme seule protection, je ne peux m’assurer que les mots s’alignent correctement sur l’écran. Faire un coup d’essai, un numéro zéro sur le thème de la guerre a laissé de sanglantes traces psychologiques. Atteint du tristement célèbre symptôme post-traumatique, Ma a quitté notre rédaction, Henrax ne nous communique plus que des brefs signaux de vie intermittente. Et moi ? Moi, je survis tant bien que mal. Ne subsistant plus que de plats asiatiques livrés à domicile, les éruptions cutanées prolifèrent sur mon visage naguère si doux. Ma copine m’a quittée, fatiguée de m’entendre hurler à l’hallali du soir au matin, coiffé d’un volume encyclopédique. Et même mon chat me regarde étrangement.
J’ai décidé de réagir et suis soutenu dans mes efforts tremblotants par les lectrices virtuelles de la rubrique psy du magazine Cosmo. Je tiens à remercier Véro et Rorole. Courage pour les implants mammaires. Dehors, le printemps s’épanouit sur Paris, ses doux effluves jouant mutinement avec les gaz légers du périphérique. De jeunes filles en fleur cueillent tendrement les champignons qui poussent sur les clochards béatement prostrés tandis que de fiers jeunes hommes se tartinent de crème de jour écologique. Ah ! Le printemps à Paris n’a nulle autre pareille. Les mauvaises âmes ont beau dire que c’est parce que la pollution cache le ciel, je veux me persuader du contraire. Reprendre goût à la vie, sortir du ventre rassurant de mon bureau, manger enfin du cassoulet.
  Le monde de l’édition, voilà ce qu’il faut pour apaiser mes angoisses. D’aucuns me diront que Frédéric Beigbeder en est un des tenants. Que dis-je, un pic, une péninsule. Et bien, et bien, on fera semblant que non, pas du tout. Le monde de l’édition va mal, alors triturons-le, interrogeons-le, rions-nous de lui, ce monde crypto occulte dont les options littéraires font s’esclaffer beaucoup au Père Lachaise. A part Jim Morrison mais c’est une autre histoire.
Samantha nous dira tout de ses relations avec sa maison d’édition, Trof nous dira probablement n’importe quoi mais c’est le petit fils de feu monsieur Panzani qui détient la majorité de notre capital. Mademoiselle Mokkimy traquera les débordements réguliers de nos jeunes auteurs en goguette tandis que Le Cinglé cessera enfin de couvrir les murs des commodités de fresques pour illustrer notre joli numéro. Alors il y aura également de la musique, du cinéma, une May, une Elen et un Erwan électrique. Vous les retrouverez tous et bien d’autres, couverts d’encre, assis au sommet de copies raturées, exploités mais néanmoins heureux.
L’édition va mal, le Scriptocrate va bien. Très bien, je peux sortir.
_________________

Par elgrandejoe - Publié dans : Archives
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 09:35
Pour télécharger le Scriptocrate Avisé, numéro Zéro, cliquez sur ce lien: http://ezine.jeunesecrivains.fr/
Par elgrandejoe - Publié dans : Archives
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 09:05

Sommaire du dossier: 1/ interview de Dahud, écrivain et membre d'un comité de lecture
                                           2/ interview de Samantha, Au-delà de l'oraison
                                           3/ interview de Mr Ali, bouquiniste
                                           4/ petit voyage dans le monde de l'auto-édition
                                           5/ le jeune moineau et le vieil alcoolo
        



Interview de Dahud, écrivain et membre d'un comité de lecture:

1/ Petite présentation:

Diplômée de Lettres Modernes (diplôme au titre ronflant mais totalement inutile dans le monde du travail), après des boulots divers et variés, je reprends actuellement des études dans le domaine de la communication. J'écris depuis mon enfance et j'ai eu quelques publications dans des webzines. Rédactrice en chef d'un webzine littéraire ( http://nuitsdalmor.over-blog.com/ ), actuellement en fin de vie puisque le dernier numéro est en cours de réalisation. En 2007, j'intègre le comité de lecture Romans de L'Olibrius Céleste. Dans l'année 2008 naît l'idée d'une collection d'anthologies, je planche donc sur le projet avec mes collègues pendant quelques mois et intègre mes nouvelles fonctions, officiellement, que durant l'été 2008. Je fonde un comité de lecture et lance le premier appel à texte le 1/09/08 sur le thème de polar (actuellement en cours.)

2/ Tu es directrice de collection aux éditions L'Olibrius Céleste, pourrais-tu nous expliquer le cheminement qui t'as amenée à ce métier? Et en quoi il consiste exactement?

J'étais donc au comité de lecture Romans et la seule place réservée aux nouvelles dans la maison, était alors Le Quidam (publication en ligne de nouvelles tous les mois.) Petit à petit, l'éditeur s'est rendu compte que ce type de publication en ligne lui prenait beaucoup de temps et qu'il préférait consacrer plus de son temps à la conception d'ouvrages papiers. J'ai donc intégré la fonction de directrice de collection afin de le décharger de certaines tâches et est née l'idée, naturellement, de publier désormais les nouvelles en format papier aussi.
Mon rôle consiste à prendre en charge entièrement cette nouvelle collection de la décision du sujet de l'anthologie (puisque ce sont des anthologies à thème) à la conception finale de l'ouvrage. Je décide donc du sujet de l'anthologie, j'organise le recrutement des membres du comité de lecture bénévole et je le dirige, je suis garante de la cohérence de la collection avec la ligne éditoriale. Je m'occupe également de l'organisation des corrections des nouvelles et du suivi des auteurs, de la rédaction de la préface, de l'organisation interne de l'ouvrage et de la promotion de l'anthologie entre autres.

3/ Une multitude de choix s'offre aujourd'hui au jeune écrivain: auto-édition, maisons à compte d'auteur, édition traditionnelle ou éditer son texte en ligne directement. Par rapport à quels critères doit-on choisir sa "bonne" façon d'être édité?

J'aurais tendance à ne pas recommander les maisons à compte d'auteur qui demandent une grosse participation financière aux auteurs et se soucient en vérité bien peu d'eux ou de leur œuvre. Ils ne cherchent même pas à promouvoir les livres et l'auteur est obligé de se débrouiller tout seul, tout en sachant qu'il est très difficile de rendre crédible un livre publié à compte d'auteur auprès d' un libraire. Certains d'entre eux ont en plus des clauses d'exclusivités dans leurs contrats totalement abusives et illégales. Il faut donc être très méfiant sur le sujet et bien lire les contrats.
En ce qui concerne l'auto-édition et les imprimeurs à la demande, c'est un choix qui peut convenir dans une petite distribution (cadre familial, associatif...) mais là, encore, il faudra avoir conscience que l'auteur devra se charger de tout de A à Z. De la maquette et des corrections/relectures s'il ne veut pas débourser de frais supplémentaires, de la promotion, de la distribution... Bien des choses qu'il est difficile d'assumer seul. Puis cela ne garantit pas un ouvrage de qualité et des regards critiques sur son œuvre. Je n'ai rien contre ce type d'édition en fait, du moment que l'auteur est informé et qu'il sait à quoi s'attendre, que les conditions sont claires. Mais ce n'est pas encore une fois, un choix que je recommanderais à un auteur, surtout débutant.
Reste l'édition à compte d'éditeur qui reste la manière la plus honnête de publication. L'auteur ne débourse rien de sa poche et est rémunéré par pourcentage sur droits d'auteur ( ce n'est pas avec cela que l'on fait fortune mais j'estime que l'écriture est un travail et qu'il est donc normal qu'un éditeur rémunère l'auteur pour ce travail.) C'est à l'éditeur de s'occuper de la promotion et de la distribution et l'auteur bénéficie d'un suivi dans ses corrections, d'un regard critique afin d'améliorer son œuvre. Cela reste donc encore le meilleur moyen de faire de la qualité sans rien débourser de sa poche, d'avoir un retour honnête et objectif sur son œuvre.
Pour l'édition en ligne, je pense qu'on manque encore de recul sur le sujet. Je ne suis pas sûre qu'il y ait tant de personnes que cela qui soient prêtes à payer pour lire un livre sur un ordinateur ou une « liseuse » électronique. Le public pour ce genre de choses semblent tout de même encore très restreint. Les ressources en ligne gratuites attirent peut-être plus mais là, encore, on soulève le problème de la rémunération de l'auteur pour son travail. Mais je trouve que les webzines, par exemple, proposent parfois des nouvelles de très bonne qualité. C'est un bon moyen pour avoir un premier contact avec le lecteur. Personnellement, participer à des appels à texte pour des webzines m'a beaucoup appris donc je pense que c'est un bon moyen de travailler ses textes.

4/ Travailler dans une petite structure est-il un gage de plus d'indépendance par rapport à la marchandisation de l'écrit?

Oui, je le pense. Les petites structures sont plus ouvertes aux nouveaux auteurs, prennent plus de risque et forcément pour quelqu'un qui aime la littérature comme moi dans toute sa richesse et sa variété, c'est plus intéressant. La ligne éditoriale de L'Olibrius Céleste également par son ouverture m'offre plus de possibilités. Publier un roman comme le cycle d'Alamänder d'Alexis Flamand, par exemple, c'est tout de même une prise de risque. On ne voit pas beaucoup de romans de Fantasy avec un traitement à la fois humoristique et sérieux en France. A l'heure où la Fantasy a tendance à se nécroser par une production massive souvent stéréotypée, où on oublie toutes les possibilités que peuvent offrir ce genre, pourtant par définition beaucoup plus large qu'on voudrait nous le faire croire, avoir l'occasion de participer à la promotion d'un tel livre est une vraie bouffée d'air frais.

5/ Prendre en charge un jeune écrivain jusqu'à sa première publication impose t'il des contraintes particulières?

J'ai eu l'occasion de travailler avec des auteurs très ouverts, qui savent se remettre en question et comprennent que l'écriture demande beaucoup de travail. J'aurais donc tendance à dire qu'au contraire, dans ces conditions-là, cela devient très naturel et que l'on ne peut plus parler de contraintes. Après, je ne peux pas comparer avec le fait de travailler avec des auteurs connus et confirmés car je ne l'ai encore jamais fait. Le seul problème que l'on rencontre parfois avec de jeunes auteurs, c'est quand ils ont une vision déformée de ce que peut-être une publication, le métier d'écrivain (mais ce n'est pas généralement les auteurs sélectionnés car on sent ce manque de maturité très tôt.) Certains auteurs s'imaginent que parce qu'ils ont un certain succès sur leur blog, ils sont déjà des « stars » et qu'être publié sera facile, qu'on ne leur demandera aucune correction et ne sont pas prêts à retravailler leurs textes. Alors que même les auteurs connus font ce travail, ils ont du mal à en prendre conscience. Ils sont peut-être victimes d'une gloire fictive et éphémère que peut offrir le net et qui déforme la réalité des contraintes d'un format papier.

6/ Il est bien connu, qu'en France, tout un chacun se veuille écrivain. Y a t'il quelque chose de malsain de l'ordre de la starification désirée qui caviarde ce rêve?

Tout le monde a le droit d'écrire, c'est certain. Là où il y a un problème, c'est lorsqu'on croit que c'est facile. L'écriture est un travail à part entière, un travail de longue haleine qui plus est. Cela demande beaucoup de remise en question et il faut être prêt à se prendre quelques gifles. Il n'est pas facile d'écrire, d'être édité. Il y a quelque chose de « malsain » quand on croit que publier amène Gloire et Argent. Très peu, vraiment très peu d'écrivains vivent de leur plume en France. En ce qui concerne, la gloire, il faut oublier aussi. Donc si ce genre de chose motivent les personnes qui écrivent, je serais tentée de leur dire « arrêtez tout! », elles risquent bien d'être déçus.

7/ Parmi les auteurs qu'édite l'Olibrius quel est celui/ celle qui t'as le plus touchée?

C'est une question difficile car les deux romans publiés à ce jour, sont très différents et ils m'ont tous les deux profondément touché de manière diamétralement opposée. Laure Eslère (Cavatines) a une plume magnifique, une langue extrêmement raffinée et une psychologie des personnages très travaillée. Son œuvre est un retour aux sources du fantastique et de la littérature gothique (fin 18ème/19ème) et en même temps, elle a su y apporter une touche résolument moderne dans le traitement des démons qui est pourtant à la base un thème mille fois exploré et souvent de manière stéréotypée. Alexis Flamand (Le T'Sank, tome 1 du cycle d'Alamänder ) est un véritable conteur, son œuvre est pleine d'humour mais ne manque pas de sérieux pour autant. Il y a quelque chose de grandiose et d'épique, et à la fois on ressent une véritable modestie dans son livre. J'aime bien qualifier son livre de « livre-univers » car je trouve qu'il a un univers vraiment propre et qu'il est difficile de le comparer à un autre livre mais aussi qu'il offre une quantité de possibilités de ce que pourrait être la Fantasy si on la laissait s'exprimer pleinement.

8/ Comment définirais-tu ce qu'est un bon livre?

C'est une question très subjective, cependant je pense qu'il y a des critères de base qui reviennent chez beaucoup d'éditeurs comme un scénario cohérent, un style agréable à lire, fluide, un univers personnel, une certaine originalité. Dans ma conception personnelle, un bon livre doit me happer dans son univers à un tel point que j'en oublie l'objet livre. Un bon livre, on n'a pas envie de le refermer jusqu'à la fin. Il faut qu'il me parle, que je puisse y trouver des points de repère. J'aime que la psychologie des personnages soit suffisamment travaillée pour qu'ils soient crédibles et que j'ai envie de m'y intéresser. Il est très difficile de définir un « bon livre » car il y a beaucoup de choses que j'aime et qui sont pourtant très différentes entre elles.


9/ Quels sont tes pronostics sur le futur de l'édition? Le net y prendra t'il une place de plus en plus conséquente?

Franchement, je ne sais pas et de manière générale, je n'aime pas parier sur l'avenir. Le net offre des possibilités formidables, un véritable monde miniature (quoique assez énorme! ) C'est un moyen formidable d'expression mais il demeure aussi très dangereux d'un certain point de vue. Je ne sais pas si le e-book prendra le pas sur l'édition traditionnelle comme certains le disent, je ne l'espère pas car personnellement, j'ai un profond attachement à l'objet livre. L'avenir de la culture en général ne me semble pas très joli, joli mais j'ose espérer qu'il y aura toujours un fief de gaulois quelque part pour la défendre contre Rome. La peur principale que j'ai c'est que quelques grands groupes d'édition écrasent définitivement tous les petits qui veulent naître et qu'on assiste de plus en plus à une uniformisation de la littérature, qu'il n'y ait plus d'alternative possible. Donc, j'ai envie de dire aux lecteurs de soutenir la petite édition, les libraires indépendants pour une littérature plurielle mais je ne prendrai pas mon drapeau d'anarchiste, sachant que la liberté c'est encore de respecter le choix de chacun. LOL

10/ Mot de la fin. Et, en conclusion, un roman, une romance, une espérance, une déchéance et une déviance.

Mot de la fin? Non, il n'y pas de fin. Il faut travailler, toujours travailler et ne jamais baisser les bras, naturellement. Sinon, j'en profite pour préciser que l'appel à texte sur le thème du polar (nouvelles 50000 signes maxi) est encore en cours puisqu'il finira le 28 février 2009 à minuit.
Un roman, en table de nuit, une pile de roman, oui. Une Romance, une harpe, c'est un instrument magique. Une espérance, écrire. Une déchéance, une seule? Arrêter de créer...

_________________
http://www.lolibrius.com/


-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



 INTERVIEW DE SAMANTHA, JEUNE AUTEUR

 

1/ Une présentation succinte de toi et de ton roman:

Je m'appelle Samantha Bailly, j'ai 19 ans, je suis actuellement en troisième année de licence de Lettres Modernes. Mon roman Au-delà de l'Oraison, dont le premier tome s'intitule La langue du silence, est à paraître en janvier 2009 aux éditions Mille Saisons. Il s'agit d'un diptyque mêlant deux points vue : d'un côté, une intrigue plutôt axée sur une enquête, et de l'autre côté, ce qui se rapprocherait d'une quête initiatique plus classique.

2/ Tu fais partie des associations Greenelven et Carte blanche, peux tu nous en dire plus et ce que tu penses de la nécessité d'établir des contacts ?

En fait, je ne fais plus vraiment partie de ces associations, Greenelven s'est transformé en une autre association, Absylia, à laquelle je ne participe plus faute de temps, bien que je reste présente sur le forum. Carte Blanche a fermé ses portes lorsque Miya, la dessinatrice qui la dirigeait, a signé avec les éditions Pika. Je dirais que faire partie d'associations, qui mêlent souvent des professionnels et des amateurs, est avant tout le lieu de rencontres artistiques. Pour ma part, ça m'a permis de connaître beaucoup de personnes très différentes, de participer à des salons ou à des conventions. Cela donne parfois lieu à des collaborations qui conduisent à des projets plus sérieux, souvent avec les personnes ayant évolué dans la même direction.

3/ D'aucuns ont peur de présenter leurs romans sur internet, pourtant cela a été ton choix, ainsi que d'animer un site "Au-delà de l'oraison". Est-ce, en quelque sorte, un parcours obligé ?

Un parcours obligé, pas du tout. Des auteurs préfèrent garder une certaine distance vis-à-vis de leur lectorat, c'est un moyen de se protéger émotionnellement de la critique, je pense. Pour ma part, je voulais vraiment créer à la fois un site qui sert de vitrine au roman et un forum regroupant une communauté artistique, un lieu d'échange où se côtoient différentes personnalités. Cela permet d'échanger, de conseiller, de partager ses impressions. En ce qui concerne la peur de présenter ses écrits sur internet, j'ai toujours mis en ligne des extraits de mes romans sans crainte, tout simplement parce que je ne pense pas que ce soit assez bon pour être plagié. Ce sont d'ailleurs les critiques reçues qui m'ont permis de progresser. C'est normal de tenir à ses écrits, mais le mythe des maisons d'édition qui vont voler les œuvres de débutants, je n'y crois pas. Les maisons d'édition ont déjà bien assez à faire avec les romans qui les intéressent en comité de lecture.

4/ Comment as-tu sélectionnée les maisons d'édition auxquelles tu as envoyé ton roman ? Pourquoi avoir choisi Mille Saisons plutôt que Pietra Liuzzo ?

J'ai envoyé mon manuscrit en juin 2007, en prenant bien soin de me renseigner avant sur chaque ligne éditoriale, afin de ne pas faire perdre leur temps aux éditeurs. J'ai eu une réponse en novembre 2007, une attente qui peut paraître assez longue, mais qui est assez moyenne finalement dans le domaine. Certains éditeurs ne répondent qu'un an après l'envoi.
Pour ce qui a justifié mon choix : si Pietra Liuzzo est une structure plus importante que Mille Saisons, elle beaucoup plus généraliste. Dans la fantasy, la promotion se fait beaucoup dans des salons spécialisés. De plus, j'ai toujours adoré la ligne éditoriale de Mille Saisons, son état d'esprit, la maquette et les illustrations de leurs romans, et je participais déjà à leur forum. Les deux contrats étant quasiment identiques à quelques points près, mon cœur a donc balancé de ce côté. J'ai rencontré Pietra Liuzzo au salon du livre par la suite, et c'est une équipe très sympathique et professionnelle.


5/ Peux tu nous parler de ce qu'il se passe précisément après la réponse positive ?

Eh bien, il y a un premier contact avec l'éditeur, des discussions sur les corrections envisagées - car évidemment, la version finale sera différente du manuscrit proposé - il faut donc bien veiller à s'entendre sur ce point avec l'éditeur. Le but est de trouver un terrain d'entente pour que les modifications conviennent aux deux partis. Cette négociation faite, l'étape suivante est la signature du contrat. Là encore, bien veiller à l'examiner, à discuter chaque point pour comprendre toutes les closes, voire à le faire expertiser. Ensuite, l'auteur se voit attribuer un correcteur, avec lequel il collabore sous la supervision de l'éditeur, afin d'améliorer un maximum le texte. Les questions stylistiques et scénaristiques réglées, c'est l'équipe éditoriale qui se charge des diverses corrections de forme restantes : ponctuation, orthographe, typographie. Un travail de longue haleine. En parallèle, l'éditeur démarche auprès des illustrateurs, graphistes, imprimeurs, c'est la partie plus technique de la construction du livre.


6/ Au-delà de l'oraison, deux ans de réécriture et de découpages divers, est-ce dur de garder la foi en son travail pendant ces nécessaires travaux ?

Oui. Il y a toujours des moments de doute, mais c'est là qu'interviennent les proches, et je crois que c'est très important d'être soutenu dans un tel parcours du combattant. J'ai eu la chance d'être très bien entourée et d'avoir des lecteurs qui croyaient vraiment en ce roman. Mais évidemment, ça ne fait pas tout : on est toujours seul face à sa page, alors il faut savoir se remettre en question, supporter les critiques et écrire, écrire, écrire.

7/ Concrètement, qu'est-ce que ta maison d'édition te demande comme engagement au niveau promotionnel ?

Absolument aucun. C'est l'éditeur qui se charge de la promotion. Après, comme il s'agit d'une petite maison d'édition, ayant moi-même envie de faire connaître mon projet, je n'hésiterai pas à démarcher moi-même en complément, mais ce sera de ma propre initiative. À la base, je n'ai absolument aucun engagement de ce genre à tenir. Le tout est d'avoir un bon rapport avec son éditeur, et bien sûr, participer aux salons littéraires est fortement recommandé et pour l'auteur, et pour l'éditeur.


8/ Tu t'engages dans des chemins très divers, policier, fantasy, réaliste, est-ce une bonne gymnastique ou une certaine déperdition de tes forces ?

J'écris ce que j'ai envie de dire, alors peu importe le genre, ce sont des exercices différents, mais c'est ça qui permet de s'améliorer et de toucher à tout. Je crois qu'un écrivain est surtout quelqu'un de très curieux.

9/ Le prochain livre que tu voudrais écrire :

Ne les oubliez pas, témoignage de mon voyage en Biélorussie. J'ai commencé cet été.

10/ Une page, un sage, un hommage et un adage :

On va dire une citation, alors ! "Un roman est comme un archet, la caisse du violon qui rend les sons, c'est l'âme du lecteur.", de Henry Brulard

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

INTERVIEW D'UN BOUQUINISTE, par Nuée

  Moi : que faites-vous comme métier monsieur ?
Lui : je suis bouquiniste, depuis une vingtaine d’années maintenant.

Moi : j’en conclue donc que vous avez une large idée sur l’état de l’édition actuelle.
Lui : de nos jours, l’écriture est devenue une passion pour tout le monde. Et nos éditeurs semblent sur-sollicités et le marché du livre est de plus en plus saturé de nouveautés.

Moi : vous voulez dire que les maisons d’éditions ne comblent plus les demandes.
Lui : certainement, les éditeurs se voient refuser plus de 90 °/ des manuscrits soumis à leur intention. Ainsi des milliers de manuscrits se retrouvent délaissés dans les tiroirs de leurs auteurs.

Moi : et comment expliquez-vous cela ?
Lui : notre vie a pris une allure très véloce, on n’a plus le temps pour autrui, ni pour nos prochains. Alors, l’écriture est devenue le souffre- douleur d’une multitude de personnes souffrant surtout de solitude. Seul soucis, l’édition se trouve dans une position d’incapacité d’accueillir tous les ouvrages.

Moi : c’est bien décevant pour tous ces pauvres auteurs.
Lui : le plus décevant encore, c’est de recevoir une lettre de refus soulignant la qualité littéraire de ton manuscrit, mais l’impossibilité d’édition car l’agenda est au plein et le marché est saturé.

Moi : y a-t-il des retombées sur votre métier ?
Lui : en ce qui me concerne, je n’opte pas trop pour les nouveautés. Certains se consacrent à l’actualité littéraire la plus brûlante. Quant à moi, je préfère plutôt les livres d’occasion, ça me permet de vivre décemment. Je ne m’en plains pas pour le moins de monde.

Moi : c’est bien courageux de votre part.
Lui : écoutez madame, ce métier, je le fais par pure vocation par pur amour .En dépit des concurrences permanentes et parfois même déloyales, j’adore humer l’odeur des feuilles jaunies par la poussière ainsi que les doigts des lecteurs.
Ma boutique vous repousse peut-être avec tous ces amas de livres, mais je vous invite à y venir à chaque fin de semaine ou pendant les jours fériés. Et vous verrez, la magie de mots qui paraît sortir de chaque livre ancien, ensorcelant tout client potentiel d’en prendre une douzaine.

Moi : selon vous, le marché d’occasion a bien réussi sa mission de promouvoir la lecture.
Lui : certainement madame. Notre commerce s’avère profitable pour tout le monde, vendre à bas prix et en grande quantité.

Moi : Quels sont vos domaines ?
Lui : à l’honneur, les livres classiques, le bande dessinée, les revues pour tous les goûts, les programmes en photocopie et bien d’autres.

Moi : et où trouvez-vous tous ces bouquins ?
Lui : avec nous, on ne jette pas un livre. Je vais à la chasse des livres sur les trottoirs, chez les brocanteurs, dans les librairies faisant liquidation de bouquins invendus…parfois même, j’ose m’aventurer dans les ventes aux enchères de bandes dessinées d’histoire. Je peux te dire que je suis prêt à mettre autant d’argent pour mes clients prestigieux.

Moi : un travail fascinant mais contraignant peut-être ?
Lui : parfois, pour mettre les livres en place, il me faut une moyenne de deux heures, pour installer un semblant d’ordre. A l’instant même, survient une foule d’enfants qui se met à farfouiller partout et bonjour le désordre. Pour moi c’est le plus attrayant des métiers.

Nuée tient à remercier monsieur Ali pour cette interview.


-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Petit voyage dans l'auto-édition, par Roseray


  Alors, vous pensez que c'est simple de s'éditer soi-même, on va sur LULU ou d'autres sites de ce genre, et hop on a son bouquin. Bah, non, ça ne marche pas comme ça. Vous pouvez toujours vous précipiter et éditer un livre rempli de fautes, mais là vous pouvez dire adieu aux maisons d'édition ou aux librairies qui accepteront de vendre vos ouvrages.

  Première chose pour s'auto-éditer, il faut être multifonction, eh oui, c'est ainsi. Il faut savoir écrire, déjà, c'est important, se relire, corriger, dessiner sa couverture, recorriger et recorriger, faire de la mise en page, être patient et enfin faire imprimer. Pour faire imprimer soit vous vous adressez à l'imprimeur à côté de chez vous, soit vous faites faire sur lulu.com, soit vous allez chez JOUVE (très bon imprimeur).
Une fois que le livre est imprimé, c'est pas fini, parce qu'il faut le vendre ! Alors, là, ne comptez surtout pas sur internet pour faire votre marché.

  Donc, seule solution, savoir négocier, prospecter les librairies et vendre son bouquin. C'est énormément de travail, si on veut rentrer, tout juste dans ses frais.

Avant de s'adresser aux librairies, il y a trois démarches importantes à faire :

1)Demander ses numéros ISBN à l'AFNIL. L'ISBN sera la carte d'identité de votre livre, le code-barre.

2)Faire un dépôt légal de votre ouvrage à la BNF

3)Déclarer son activité à l'URSSAF (eh oui, on n’échappe pas aux impôts même si on gagne seulement 2 euros)

Une fois toutes ces étapes terminées vous pourrez être fier d'être allé au bout.


  Bien souvent, les gens méprisent les auteurs auto-édités, mais ce qu'ils ne comprennent c'est que c'est un bon choix en comparaison des offres proposées sur des sites comme « edilivre », par exemple. Car vous restez propriétaire de vos droits d'auteur, vous gagnez plus et de toute façon à moins d'être édité chez Gallimard ou autre, ils feront autant de pub que vous pour vendre votre livre.

  Voilà mon parcours du combattant, je ne m'en vante pas, je suis simplement heureuse d'être allée au bout de mon idée. Je souhaite aussi à chacun d'entre vous d'aller toujours au bout de leurs rêves.

  Écrire c'est sans doute 90 % de travail, j'en ai encore beaucoup à apprendre. Et finalement, on a toujours à apprendre, même à 90 ans.

Sur ce, bon voyage...

Par Roseray.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

LE JEUNE MOINEAU ET LE VIEIL ALCOOLO, par Grandjoe

 

  Bon, vous allez me dire que je radote, enfin pour ceux d’entre vous qui aime à utiliser ce langage feutré qui sied à l’écrivain. Encore du Bukowski ! Ben oui, et j’assume. Parce que dans un dossier traitant du monde de l’édition, ignorer la belle aventure que vécurent ensemble un chrétien scientiste et un écrivain timbre postal américain, est purement inimaginable.

  Allons-y ! A quarante-six ans, le Buk n’a édité que dans la florissante presse underground et, malgré le succès de ses poèmes minimalistes, travaille de nuit pour les services postaux ricains. Certaines plaquettes de poésie furent néanmoins créées par un couple d’exentriques, John Webb et son épouse, Gipsy Lou. L’ancien taulard et sa muse, après avoir braqués les spotlights sur Bukowski dans leur magazine « The Outsider », formèrent le projet de créer une maison d’édition. Celle-ci se nomma Loujon Press et, en 1963, le recueil « it catches my heart in his hand » fut publié à 777 exemplaires. Ce bel objet, réalisé à la presse à main dans des conditions qu’on pourrait décrire comme tenant de la survie, fit la fierté de son auteur. « Crucifix in a deathhand » suivit plus tard, en grand format et abondamment illustré. Parallèlement, Buk the Puke continue à donner des contributions aux petites revues, différentes plaquettes et articles en résultèrent.

  John Martin, patron d’une petite boîte de fournitures de bureau, découvre la poésie de Bukowski et en est profondément ébranlé. Collectionneur dans l’âme, Martin a enrichit la bibliothèque imposante de son père, notamment par ses acquisitions d’ouvrages de la beat Generation.  Les poèmes nouvellement découverts semblent tellement novateurs que les prosteurs beat en prennent un sacré coup de vieux. Fin soixante-cinq, un échange épistolaire débute qui débouchera sur leur première rencontre en début d’année. Martin, qui ne fume ni ne boit, propose à l’écrivain de lui donner le stock de bouteilles qu’il a reçu en étrennes. Comme vous l’imaginez aisément, l’hameçon est de taille et le gros poisson mord à pleine dent. Bukowski en dira : « Ce type n’était pas humain, il ne buvait pas de bière ! ». Représentez-vous la scène un instant : d’un côté, John Martin, cadre, lunettes et crâne dégarni, chrétien pratiquant et, de l’autre côté, le grand et gros Charles, une canette à la main et une clope à l’autre. Tout les oppose mais un courant passe quand même au travers de la banquette de ce bungalow cradingue.

  Martin fait part de son désir de se lancer à son tour dans l’édition, en se concentrant sur des auteurs qui n’avaient pas encore accéder à la notoriété. Cinq poèmes édités à trente exemplaires chacun et signés de la main de l’auteur résulteront de ce premier contact. Quelques mois plus tard, John Martin, sans en avertir sa femme,  vend sa collection pour cinquante mille dollars et se lance dans la grande aventure. Black Sparrow, le moineau noir est le nom de baptème choisi pour cette structure.

  Bukowski est recruté par « Open city » et commence sa fameuse chronique du « vieux dégueulasse », ce qui lui vaudra un début de notoriété populaire et certains problèmes avec les autorités. « At terror street and agony way » fut le premier recueil de poésie publié par le Moineau Noir. Le style de mise en page dépouillé à l’extrême contraste avec les précédentes publications tarabiscotées de Loujon Press. Paradoxalement, ce minimalisme va bien au teint des poèmes du Buk.

  Fin soixante-neuf, Bukowski sent le vent du licenciement hurler à son oreille et fait des appels du pied à John Martin. En échange de sa prose, le duo calcule que l'éditeur pourra lui verser cent dollars par mois. A vie. Quelque soit l’issue de leur association. Un mélange d’enthousiasme et de crainte pousse les deux quadragénaires dans leur retranchement. La victoire ou la mort.

  En décembre soixante-neuf, le Buk, jeune démissionnaire, se saoule pendant deux jours avant de taper la première lettre de son premier roman, « le postier ». Quelques jours plus tard, le téléphone sonne et Bukowski déclare, faussement modeste, à John Martin qu’il peut venir le chercher, ce roman qu’il lui avait conseillé d’écrire.  Celui-ci sortira en soixante et onze et, les deux mille exemplaires vite écoulés, le duo peut imaginer des jours meilleurs.

  Comme l’atteste leur correspondance, leur collaboration durera sous de beaux auspices jusqu’aux derniers jours de Bukowski. John Martin est le grand oublié de cette belle histoire qui n’aurait peut-être pas vue le jour sans lui. Bien que la discrétion soit le lot commun des éditeurs, sans le pari clos par une poignée de main en ce jour d’hiver californien, le Buk serait potentiellement un auteur connu post mortem. Si cet article a sa place dans le dossier « le monde de l’édition » de ce numéro, c’était juste pour le plaisir qu’il y a à raconter une belle histoire.

   Il était une fois un jeune moineau et un vieil alcoolo…

 

Infos tirées de : « Bukowski, une vie de fou » au Rocher, biographie.

                             « Charles Bukowski – correspondance 1958/1994 », chez Grasset.

                             « Bukowski » DVD chez Wild side videos. www.wildside.fr         





Par elgrandejoe - Publié dans : Archives
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus